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Ma ville était comme une reine Blanche et fière, haute et sereine. Sa robe d’écume frangée S’étalait dentelle mouvante Parure d’éternelle fiancée, D’un ciel unique, de l’air que chante, Pour elle, la Méditerranée. Son front n’était ceint que d’étoiles A faire pâlir tous les diamants, Dès que la nuit mettait son voile Et montait du tendre jasmin Un parfum si doux, qu’au lointain Il éveillait la lune pâle. Son front n’était ceint que d’étoiles! N’avait ailleurs nulle rivale, Les palmiers vers elle penchaient Murmurant, tu es sans égale Le vent du sud vient te bercer. Son nom, tel un coup de cymbale, Ranime encore nos cœurs navrés. Elle était lumière et tendresse Vibrant de toute l’allégresse D’un monde où rien ne peut changer! Son souffle était une caresse Il faisait bon y être né…. Et ceux qui partageaient son âme Et qui vivaient à nos côtés? Nous avons enduré le drame La mort et le sang partagés. Quand tu nous regardais sereine Et ta joie devenue la peine, Ton front pâli, tes yeux fermés Afin de ne plus voir la haine Et la douleur, et la colère Détruire ta parure fière, Briser, brûler, assassiner.. Et je dus quitter ton rivage Te voir pour la dernière fois. Ton front était ceint de nuages Si lourds que ce n’était plus toi Je ne voyais plus ton visage Mes larmes brouillaient ton image Et le bateau fendit la vague Le bateau chargé de malheur. Lourde et profonde était la mer. Pas la mer bleue de notre enfance Qui enchantait notre univers. L’étrave déchire, l’étrave avance, Lourde et profonde était la mer! Et jamais plus, Alger la Blanche Je ne pourrai te contempler Te sourire au soleil d’été! On dit que tu t’appelais France Quelque part ils se sont trompés… Tu n’étais devenue qu’un rêve, Quand les amarres se sont brisées. L’autre France n’avait pas ton âme L’autre France n’était pas toi. Où que je sois sur cette terre, Quand je rencontre « un de là-bas » Un même sourire nous éclaire. Je suis né chez toi, oh mon frère! Et mon pays était le tiens. Josette Paterna |
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